Changement de programme .
Il me restait deux clous à planter chez nos amis de Limans
et nous allions reprendre la route pour
Chatenay.
Mais le destin en a décidé autrement.
--------------------
Nous aurions dû passer la journée à bricoler,
nous balader dans la région, et sans doute faire un
‘’burraco’’ avant de reprendre la route.
Nous aurions dù, mais lorsque mon portable fît grelin grelin sur le
coup de huit heures ( du matin) avec le prénom d’Anne
affiché, je compris rapidement qu’il allait en être
autrement.
Anne, c’est une amie bourguignonne vivant à
Collioure depuis une trentaine d’années. Elle y a, voilà deux
petites décennies, rencontré le peintre Balbino Giner avec qui elle
vit depuis. Etant amis avec l’un nous le sommes devenus avec
l’autre si bien qu’il ne se passe jamais plus de six
mois sans que nous nous rencontrions. Sommes-nous devenus
amis ? A celui qui me poserait la question je me
contenterais de dire que nous avions plaisir à nous retrouver et
plus encore à discuter de tout et de rien. La peinture en
général, la sienne en particulier, la démarche de l’artiste,
sa position dans la société, était à l’honneur et demeuraient
sont terrain de prédilection, mais il était aussi un formidable
philosophe doublé d’un disséqueur de
conversations.
Il lui suffisait d’un mot pour partir dans
d’interminables paragraphes jamais terminés et débouchant
immanquablement sur ce qui pouvait faire le sujet d’un autre
débat.
Perpétuel chercheur, jamais totalement satisfait, il
n’avait de cesse d’achever son œuvre,
savoir qu’elle ne demandait plus aucune retouche. Mais à
peine avait-il fini un tableau qu’il avait besoin d’en
faire un autre, plus abouti. Vous l’aurez compris, il était
un perfectionniste en lutte avec lui-même, et très soucieux du
regard des autres.
Je me suis habitué à sa peinture, je n’ai pas
été long à rentrer dedans sans pour autant la comprendre, nous
avons ferraillé des heures avec pour ring les tables du
café Sola, son père n’était jamais bien loin, lui qui avait
fait dansé le pays et dont l’ombre couvre encore ce coin de
France plus marqué par la ‘’retirada ‘’que
par les anchois pourtant mondialement réputés. Des deux
Balbino Giner, il y avait un usurpateur. Gageons que les experts
dans leur grande sagesse et leur propension à toujours deviser sur
les hommes sans vraiment les connaitre, diront dans un siècle et
pour clore les débats, que Balbino Giner aura regretté toute sa vie
d’avoir été le fils de Balbino Giner à ceci prés que
sans son père…...
-------------------------------------------
Nous n’aimons pas laisser les amis
partir seuls, du moins sans nous, un peu comme si nous les savions
capables de voir qui est là, nous sommes donc descendus à
Collioure alors que nous étions à Limans, beaucoup de kilomètres
mais un immense plaisir d’avoir assisté à une crémation
sobre, digne, très émouvante en même temps que presque gaie. Si
Bruno, le fils ne nous à pas tiré une larme, une femme,
‘’Carmen Gomez’’ de nous inconnue, y est
parvenue sans peine en chantant à capella
‘’Nana’’ une berceuse de Manuel de
Falla.
L’Espagne n’était pas
loin….






























Commentaires